Déjà il lui avait lâché la main : les convenances, leurs silhouettes se fondaient encore quelques secondes,
délicieusement. En un flash, son coeur le foudroya.
Elle s'éloignait sur ses hautes bottes.
Il su qu’il l’avait perdue, elle l’abandonnerait de ses mains délicates. Elle voulait pouvoir lui tenir le bras là au soleil, dans le monde et ne pas mettre son amour dans des cases, sans
danger pour son autre vie à lui, il ferma les yeux : nue elle enfilait ses bottes. Sa chatte de sept lieues, si lasse, elle refusait qu’il la touche encore, qu’il la respire.
"Même heure, même hôtel", elle le regarda avec compassion, il était aveugle non-comprenant brutal : elle lui embrassa la paume des mains. Sa façon à elle de lui dire adieu, et lui sombre crétin,
ne voulut rien voir.
Il vacilla : il aimait tout d'elle. Il se revit accroupi recueillant ce liquide transparent qui coulait entre ses longues jambes. Il s’en était désaltéré, jamais un homme ne lui avait offert une
telle preuve d’amour.
Elle s’éloignait pourtant de cet homme aimé, c était fini : son talent à elle : savoir partir.
Elle marcha dans Paris qu'elle chérissait tant, cette ville amie la réparait, la rendait aimable. Curieuse de son prochain amour : il n'aurait pas du lui lâcher la main. Elle se déferait de ces
bottes.
Texte d'Avelina Giner
pour la proposition photographique de Michel Delaperrière
Oui, c 'était pour elle qu' il avait endossé ce déguisement : cette perruque blanche, cette robe. Lui le p'tit
gars du XX ème qu'il ne fallait pas trop chauffer.
Aujourd hui, il était sa femme, son double, sa copine, sa soeur.
Elle aimait lui dire " t 'es une vraie gonzesse", ses propres copines l 'adoraient et se confiaient à lui.
Ce look de travelo foireux à deux balles, c'était cadeau, pour elle, sa princesse aimable, forte ,déchirée.
Elle qui restait scotchée sur les photos de Marilyn, elle qui avait pleuré silencieusement devant celles de la dernière séance de Bert Stern. Il le détestait celui là: avoir su faire
naître autant d'émotions chez sa belle
Il voulait être cette Marilyn là : du Champagne dans les yeux, plus cette tristesse infinie comme au bord du gouffre dans ses prunelles.
C'était cadeau pour elle son aimée, son bijou, sa baiseuse infatigable.
Il était sa Marilyn for ever
Jaloux, le photographe les avaient repérés, volés au milieu de cette joyeuse parade.
Son oeil ne les avait pas loupés: trop beaux, trop forts.
Son oeil ne s'en était pas remis.
Avelina Giner
Sur la proposition suivante de Michel Delaperrière
Elle l’avait vu quinze ans auparavant, lors d’une rencontre très formelle et administrative (les bureaux de la Ville de
Paris sont assez tristounets). Elle avait remarqué sa grande élégance, il utilisait un vouvoiement délicieux, lui, avait aimé ses jambes trop longues et son allure. Elle l’avait beaucoup excédé,
« trop insistante, trop volontaire » c'étaient ses propres mots. Neuf ans plus tard deuxième rencontre: toujours aussi énervante, elle lui plaisait vraiment. Dernière rencontre
février 2008 : il avait su qu’elle avait rendez vous avec sa collègue, il serait là, il trouverait un prétexte. L’entretien terminé il l’accompagna à l’ascenseur. Dans le hall, dans la cour,
au métro. Elle partait pour Casablanca le lendemain. Dans son dossier administratif figurait son numéro de portable. Il lui enverrait des tonnes de textos jusqu’à obtenir un rendez-vous. Ancien
normalien communiste, il était d origine noble, très bien élevé et portait avec élégance le costume et fumait pétards sur pétards. Il savait repasser ses chemises, il aimait s’endormir dans ses
bras et user de son corps avec grande imagination. Un problème, il aimait les femmes sadisantes et qui le maltraitaient psychologiquement: elle était si loin de tout ça : elle le
quitta.
Allongée sur le lit, elle ferma les yeux, il lui mit un bandeau, elle se trouva attachée. C'était une expérience
nouvelle pour elle. Elle devait oublier un homme : cette nouvelle rencontre très étonnante l'y aiderait. Celui-çi avait développé un savoir aimer extraordinaire et elle se prêta à ses jeux
amoureux inventifs et généreux. Elle goûta le fait de n'être qu'un objet de plaisir. Il parlait d'elle comme d'une gourmandise dont il se délectait avec lenteur et bonheur. Elle le quitta, elle
ne l'aimait pas.
parAvelina
Giner
Illustration photographique de Michel Delaperrière: l'alcôve de l'accessoiriste
Ce blog a été créé suite à une confrontation violente où l'un d'entre-nous poursuivit l'autre sur le Net sous une fausse identité. Plutôt que de persévérer dans cette voie dévastatrice,
nous sommes convenus de continuer les échanges sur la Toile de la façon suivante :
Avelina propose des textes que Michel illustre
ou
Michel propose des photos dont Avelina va s'inspirer
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