paroles d'elles

Lundi 13 juillet 2009 1 13 /07 /2009 08:51

 

C’étaient ses copines : elles volaient silencieuses, le monde autour défilait accéléré, frénétique."La vitesse". Giacomo Balla, ce peintre futuriste italien avait failli la scotcher sur les toiles. C’étaient ses doubles, d’un geste élégant elle fit glisser son foulard et leur offrit son crâne chauve. La vie la remplissait enfin, elle respira leur danse suave. La chimio n’aurait pas sa peau de fausse rousse, le cancer elle l’avait pécho total: c'était leur message. Magiques ces sculptures la balancèrent de plein fouet dans la vie. Elle leur sourit divine et sexy. Une petite chatte brune photographe les fixa dans son objectif.

Avelina Giner (texte) et Michel Delaperrière (photos)

Par Avelina Giner & Michel Delaperrière - Publié dans : paroles d'elles - Communauté : Vive le désordre !
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Mercredi 17 juin 2009 3 17 /06 /2009 00:08

Trois femmes parallèles : l'une immobile de dos va traverser un passage, deux d'entre-elles se déplacent vers la troisième : destins et vitesses différentes.

Cette capacité parfaite à se tenir droite était remarquable chez elle. Elle s'enracinait au sol, puissante, elle poussait le ciel dans une respiration de son corps entier. A l'extérieur de son monde, à son insu il l'observait avant son rendez vous, vers lequel il la suivait. Elle faisait concurrence aux piquets et bien sûr il n y avait pas photo c'était elle la" winneuse". Il l'aimait, elle avait une élégance interne comme un organe original qui donnait grâce au monde. Dans sa poche une boite précieuse: écrin d'un coeur en pâte Fymo offert par sa propre fille et sur ses lèvres à lui : le cadeau de sa vie simplement.

 


Par Avelina Giner & Michel Delaperrière - Publié dans : paroles d'elles - Communauté : un jour , une photo , un blog
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Samedi 13 juin 2009 6 13 /06 /2009 07:19
Un mercredi 10 juin 11H45

Elle l’avait repéré : un grand type aux yeux clairs qui la fixait de son appareil photo télescopique, il la shootait au fil des semaines. Elle devenait très "taupe modèle" tout d’un coup, malgré son look étudié de mémère poussive. Elle quittait son XVI ème tous les jeudis pour bercer les passants de ses valses guinguettes. Sa bourgeoise de mère devait être championne du "roulé boulé" à force de retournements dans son cercueil super luxe. Grande concertiste, elle avait assouvi ses instincts de mère abusive la collant, enfant, interminablement à ce piano détestable." Chauffe Marcel" lançait-t-elle : dédicace personnelle à sa génitrice, femme du monde talentueuse et "maman cancre" notoire. Plus tard elle retrouvait ses potes de Belleville, au Grec du coin et payait sa tournée. Le photoreporter la suivait. Elle y retrouvait Albert le parigot pure souche qui avait mal aux nougats, Ali qui bassinait la salle avec Oum Kaltoum pour les intimes et la grosse Lulu rangée de ses clients qui dictait ses mémoire à Jade l' écrivain publique transsexuel. Costa, le patron servait une cuisine improbable : son chef sri lankais ne jurait que par " El Bulli"* et la cuisine moléculaire. Cathy, la patronne nivernaise drivait joyeusement ce petit club dépareillé. Ce jour là il déposa un cliché devant elle, avec cette légende : "qui a déteint sur l’autre : les cheveux ou l’instrument ?" "Cadeau pour vous, Madame" dit-il. Ils devinrent amis. Fréhel et Azzola n’eurent plus de secret pour lui. Il' invita au Jeu de Paume : Avedon, Steichen ouvrirent son regard.

*El Bulli : restaurant situé à Rosas (Espagne)
Oum Kaltoum : grande chanteuse égyptienne qualifiée de Callas orientale
Fréhel : chanteuse réaliste du début du XXième
Azzola : accordéoniste français né à Ménilmontant
Avedon : photographe 1923/ 2004
Steichen : photographe 1879/1973

Avelina Giner




Michel Delaperrière
Par Avelina Giner & Michel Delaperrière - Publié dans : paroles d'elles - Communauté : racontages en couleur
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Vendredi 5 juin 2009 5 05 /06 /2009 14:48


Femme du monde : ses Louboutin gisaient au pied du lit,
son collier de perle se fixait sur sa peau luisante, son tailleur
Chanel brutalisé dormait fourbu sur la moquette douteuse.
Un vertige douloureux réchauffa son corps épuisé.

Femme de son monde : c'était du passé : fuir le factice de son
luxe de bon goût, elle rompait le bail, abandonnait son
univers coûteux de surenchères ennuyeuses.

Femme d'un nouveau monde : par la fenêtre ouverte les rumeurs de Barbès
la caressaient, des parfums musqués soutenaient ce choix brutal.
Dans ce décors sordide elle était en harmonie : pas de faute de goût.

Femme du monde : elle respira pour la première fois. Des bras sombres
l’attirèrent dans ce rectangle désordonné par leurs jeux sensuels.
Lui aussi, s’il ne l’aimait ainsi, deviendrait l’étranger.
Car elle était devenue La Femme du Monde, sans papiers, sans mensonges.

Nul au monde ne l’effacerait.
Elle l’avait reconnue, adoptée un aller sans retour.
Un tatouage déjà cryptait  cette alliance :
Signature indélébile au creux de ses reins.

 

Avelina Giner

Publié dans le défi "femme du monde"

proposé par Abeille50 Ruche des bons mots

 

 

 

avec le conours amical de "Catwoman"

Michel Delaperrière

Par Avelina Giner & Michel Delaperrière - Publié dans : paroles d'elles - Communauté : Ruche de beaux mots
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Jeudi 4 juin 2009 4 04 /06 /2009 21:17


C’était sa paire secrète, son talisman, comme des chaussures de princesse.

Dorées, elle les aurait trouvées vulgaires, enfin : sa mère aurait trouvé ça vulgaire.

Elle ne les portait qu’étant seule, une fois chez elle.

Elle se déshabillait et marchait nue : telle une reine, un diamant… dans ce salon

de velours rouge, les hommes bandaient, la convoitaient, la léchaient du regard…

Elle devenait la femme utopique, parfaite, jouissive, adorée…

Ce jour-là, nue, elle s’était parée de fleurs et de guirlandes de lierre artificielles,

elle détestait la nature, elle ne supportait que ses copies en plastique factices qu’elle achetait

par brassées chez les Chinois de Belleville.

Seules les fleurs coupées, jetables, bien serrées, attachées étaient supportables.

Dans ce miroir elle devint sublime, intemporelle, couverte de ces plantes mensonges;

une fée, une elfe…

Un homme un amant l’avait supplié de les lui montrer,

de la prendre avec ces délicieuses chaussures.

Elle n’avait jamais cédé.

Ce jour-là elle partit travailler avec cette paire magique et tout devint simple,

elle touchait  le monde, elle était le monde.

Son cinéma de petite fille la figea sur le quai du métro, elle la vit elle :

« Mules blanches à talons aiguilles en fer, elle faisait un tac-tac d’enfer

lorsqu’elle descendait les escaliers en ciment »

belle comme le soleil, oui petite, cette pensée l’avait éclaboussée,

elle avait eu chaud, elle avait aimé sa mère ce jour là : précieuse et gaie.

Enfin ces petites mules métalliques bien à elle la reliaient à ce sentiment d’amour intense

et d’invulnérabilité, elle devenait  une femme aimable et vivante.

La rue était à elle, tout devenait étonnant : la beauté, l’horreur avaient du sens.

Les hommes la regardèrent de travers : elle aima ça,

Au boulot subtilement le décor changea…

Elle les trouva bêtes, ennuyeux… Elle partit.

Avelina Giner

 

 Michel Delaperrière

Par Avelina Giner & Michel Delaperrière - Publié dans : paroles d'elles - Communauté : Relations amoureuses
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  • : Avelina Giner & Michel Delaperrière
  • Désirsdélires
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  • : Métro Saint-Paul Là où il y a de l' Métro Jourdain Gare de Chaville-Vé
  • : photographie poésie écriture amour amitié
  • : Textes d'Avelina Giner sur des photographies de Michel Delaperrière.

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