Ses longs cheveux coulaient sombres, une encre sublime sur ce corps aimé.
Apaisée elle ronronnait, il plongea son visage une dernière fois dans cette matière épicée.
Il avait écrit le récit de leurs amours différentes sur cette peau si blanche sur ce corps interdit qu’il ne fallait pas souiller.
Il avait tout accepté la famille, les traditions, les mensonges, le rituel des fiançailles.
Lui le mécréant si respectueux de sa différence s'était senti trahi lorsqu' il avait fallu embrasser le Coran pour sceller leur future union.
N’étant pas croyant il se pensait indigne de cet acte.
Une étrange douleur l’éloigna, il ne se perdrait plus pour son aimée, à jamais il serait orphelin de sa beauté.
Elle lui avait coupé le souffle dés leur première rencontre:elle s était retournée et dans une parfaite inconscience de son pouvoir sa chevelure l'avait magnétisé.
Il ne la noierait plus dans son regard si bleu, elle ne l emprisonnerait plus de ses mystérieuses lianes.
Texte d'Avelina Giner
Photographie Michel Delaperrière
( Musulmane égarée au Marché aux Fleurs d'Amsterdam - août 2008)
Elle l’avait vu quinze ans auparavant, lors d’une rencontre très formelle et administrative (les bureaux de la Ville de
Paris sont assez tristounets). Elle avait remarqué sa grande élégance, il utilisait un vouvoiement délicieux, lui, avait aimé ses jambes trop longues et son allure. Elle l’avait beaucoup excédé,
« trop insistante, trop volontaire » c'étaient ses propres mots. Neuf ans plus tard deuxième rencontre: toujours aussi énervante, elle lui plaisait vraiment. Dernière rencontre
février 2008 : il avait su qu’elle avait rendez vous avec sa collègue, il serait là, il trouverait un prétexte. L’entretien terminé il l’accompagna à l’ascenseur. Dans le hall, dans la cour,
au métro. Elle partait pour Casablanca le lendemain. Dans son dossier administratif figurait son numéro de portable. Il lui enverrait des tonnes de textos jusqu’à obtenir un rendez-vous. Ancien
normalien communiste, il était d origine noble, très bien élevé et portait avec élégance le costume et fumait pétards sur pétards. Il savait repasser ses chemises, il aimait s’endormir dans ses
bras et user de son corps avec grande imagination. Un problème, il aimait les femmes sadisantes et qui le maltraitaient psychologiquement: elle était si loin de tout ça : elle le
quitta.
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