envol

Samedi 6 juin 2009 6 06 /06 /2009 10:36


Figée, blanche elle plongeait dans un azur infini, glissait
voluptueusement sur des ondes indigo, planant dans un
vertige éthéré.
Un petit garçon en costume marin un cerceau en main
lui souriait, une montre molle menaçant de l’engloutir.
Dali trônant dans son fauteuil baroque l’observait,
la moustache en érection:"toi encore? Semblait il dire,
petite, à Figeras je t ai croisée dans ta poussette, mon fourmilier en laisse renifla tes petons, Gala s'émerveilla devant "esta nina tan rizadita!"*

Tu étais là encore devant mon musée lors de l’installation du monument Pujol,

Leda atomique tu as hanté mes toiles,
je suis ton paranoïaque surréaliste"
"Le bleu tue le bleu, lapis-lazuli toi même lui répondait en boucle
cette déesse d albâtre."
Haletante elle émergea à la surface de ce rêve récurrent. Sur les vagues des
 draps trop froissés flottait abandonné son homme, le dos tourné: brun incontournable, enfin
repu, apaisé. Gourmands, ils se marieraient, elle enfanterait
 passionnément et divorcerait avec émotion au  pied des colonnes de ce temple
classique, tribunal de leurs faiblesses.
Elle aimait cette beauté  antique, idole froide, sereine qui la chopait
dans son sommeil. Elle symbolisait le sud de son enfance,
la méditerranée, le soleil trop brûlant à l’ombre des pins
odorants, les criques transparentes, l'Iliade de ses études
classiques, Praxitèle lui même l 'avait façonnée.
Ces rendez-vous oniriques la rendait puissante, ils tisseraient
les liens de son amour, seraient la source
 de sa propre vie.

*"cette petite fille si  frisée"

Texte : Avelina Giner

Photo : Michel Delaperrière



Par Avelina Giner & Michel Delaperrière - Publié dans : envol - Communauté : Île des Poètes Immortelles
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Lundi 4 mai 2009 1 04 /05 /2009 17:38

 

4 heures du mat, encore un bureau à faire, le dernier,  un être délicieux devait l'occuper, pas grand chose à faire, tout était toujours hyper rangé.
Son occupant lui offrait des objets aimables : une rose, une douceur, cette relation anonyme était l'oxygène de ses fin de nuit de travail.
Une surprise l'attendait : le chaos total. Tout avait été abandonné dans l'urgence. Le fauteuil s'était écroulé sur une poubelle dégoulinante de fax.
Une feuille intacte la cloua accroupie au sol. Des mots irrévocables, durs, de désamour éclairaient ce désastre.
Lasse elle rangea, tria, effaça ce chagrin. Elle pensa à Mereilles, artiste Brésilien : ses installations étaient des "remboursements sécu": elles réparaient celui qui y pénétrait. Elle recréa ainsi ce décor et pour finir griffonna une femme ange et des mots d'espoir dont elle seule connaissait la magie.
Quelques mois plus tard,  elle trouva l'occupant des lieux assis,  un drôle de petit ange fessu dans les mains. Il lui prit la main, ils sortirent dans la nuit.

 

Textes d'Avelina Giner écrit pour la photo de Michel Delaperrière

Par Avelina Giner & Michel Delaperrière - Publié dans : envol - Communauté : le texte voyageur
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  • : Avelina Giner & Michel Delaperrière
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  • : Homme
  • : Métro Saint-Paul Là où il y a de l' Métro Jourdain Gare de Chaville-Vé
  • : photographie poésie écriture amour amitié
  • : Textes d'Avelina Giner sur des photographies de Michel Delaperrière.

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